D'Hier

Châteauneuf-du-Rhône en Drôme provençale. Localité de 2 150 habitants. Dominée par deux crêtes importantes : Montchamp et Navon, sentinelles doubles, qui gardent le passage de Bel-Air, porte d'entrée de la Provence.
Châteauneuf-du-Rhône en Drôme provençale. Localité de 2 150 habitants. Dominée par deux crêtes importantes : Montchamp et Navon, sentinelles doubles, qui gardent le passage de Bel-Air, porte d'entrée de la Provence.
Surplombant le Rhône, elles forment une falaise d'environ 80 mètres de hauteur, entrecoupée de ravins profonds, qui constituent le pittoresque défilé du Robinet, avec dans ses flancs de nombreuses grottes, parmi lesquelles “ la baume des anges “ et  “ le puits St vincent" (grottes habitées en des époques lointaines).
Au nord du village le torrent de la Riaille et le quartier du Palais; Là, de chaque coté de la route et de la voie ferrée, s'élevait, il y a 18 siècles, une cité gallo-romaine désignée sous le nom  de  Ville-Longue qui fut dévastée au Vème siècle par les barbares, anéanties au VIIème siècle par les Sarrasins, des pans de murs épais, des substructions rappellent l'opulence d'une résidence d'un proconsul romain ou de quelque patricien.
De nombreux objets antiques : vases, monnaies, médailles, des colonnes fragments de statues en marbre, mosaïques et un cippes romain avec inscription funéraire furent découvert. Vers le IXème siècle, on trouve installé un prieuré : Saint-Pierre-Du-Palais la maison conventuelle fut, à son tour saccagée au XVlème siècle, au cours des guerres religieuses.
Tout près de là l'oratoire Saint-,Joseph avec à gauche la route de Chamblanc et à droite, le chemin du stade qui contourne un parc aux arbres séculiers du château de Combomont, manoir féodal, avec ses tours crénelées, ses meurtrières, ses fossés, sa herse et son pont-levis.
Au croisement de Saint-Joseph, nous distinguons deux coteaux voisins : Sainte-Catherine et Montpensier, couronnés de vestiges imposants d'un vieux château féodal, avec ses murailles crénelées, plus ou moins ruinées, ses tours démantelées et les restes d'une tour massive à deux étages, ancien donjon qui domine l'enceinte et atteste l'opulence de cette forteresse féodale.
Entre ces deux collines, une agglomération entourée de verdure et confortablement installée dans la combe d'ou émerge unclocher roman : c'est le village de Châteauneuf-du-Rhône

Enceinte moyenâgeuse, d'une importance stratégique, rendant le passage impossible, sans l'autorisation du maître de céans.
En 1198, ce vieux bourg fortifié s'appelait Castrum Montipencerie, en 1292, Castrum novum Montispencerie, puis Castrum de Raco en 1365, Chasteauneuf de Rac en 1579, Bourg-Le-Rhône en 1793, sous la révolution.
Son aspect féodal dominant le cours du Rhône justifie son appellation moderne.
Au centre du village, le quartier de Courbon, la place moderne de la Grangette, aménagée en avant de l'ancienne enceinte; C'est un carrefour de quatre routes l'une en direction d' Allan, l'autre de Donzère, la troisième de Montélimar et à l'ouest la quatrième vers l' Ardèche, cette dernière en direction de la gare, longe le château de la Grangette, le groupe scolairela place du Monument aux Morts (place M. de Maujouy), et passe au pied du moulin seigneurial décapité,  plus loin à droite, la fontaine de Morterol, avec ses vestiges de thermes romains.
La Grande Rue, artère principale du pays, montre au passage quelques vestiges des XVème et XVlème siècles; à gauche, la rue Juiverieconduisant à la place des Orpailleurs, et à droite, la rue Paillarès avec les prisons seigneuriales, elle nous amène à la place de l'église, Saint-Nicolas du XIIème siècle de style roman byzantin, restaurée dans son style primitif, véritable morceau d'architecture, avec son clocher roman (cloches de 1619) et ses chapelles septentrionales du XVème siècle.

A l'Est de la place,la rue de la Poternela porte du Levant, dite la Poterne, décorée d'une vétuste et naïve statuette de la Vierge, en bois.
Plus bas la rue déclive de la Combe, qui va rejoindre la route de Viviers et aboutissait autrefois, au portail du Couchant : porte de la Combe.
On aperçoit d'ici les remparts; à l'angle Nord, placée sur une la façade, une niche rudentée abrite toujours une Vierge couronnée, en bois : c'est Notre Dame du Rhône (XVème siècle), tenant dans ses bras l'enfant Jésus.
Tout près de là, la ruelle tortueuse du puits carré, qui traverse la place du même nom.
Au Midi, une longue ligne de hauts remparts surmonte le ruisseau bien nommé, le Merdari, égout collecteur du vieux village.
Adossé au rempart, un vaste immeuble Renaissance ruiné, appelé Le Barrical, dont la façade a gardé, béantes, ses fenêtres à croisillons, avec la porte d'entrée au linteau en anse de panier, et les restes du four banal, avec son auvent voûté.
La partie Sud du village, est assurément le coin le plus intéressant du pays, où la renaissance a marqué le plus vivement sa délicieuse empreinte; à cet endroit la Grand-Rue prend le nom de Notre Dame ( ancienne route royale du Languedoc).
A hauteur de la rue du Payement, côte Saint-Catherine, une maison dont la façade restaurée, montre deux belles fenêtres à croisillons, Renaissance, avec moulures en torsades à l'italienne, enjolivées à droite, d'une mignonne colombe, et à gauche, d'une fine tête de jeune chevalier, le tout très bien conservé, plus loin, une belle rosace, et au détour, face à la ruelle montant à la côte de Montponsier, un impressionnant immeuble attire le regard, de style Renaissance (1553) d'un travail achevé; chaque fenêtre a sa décoration particulière : c'est la maison d'Arlandes, appelée aussi maison des Seigneurs.
Dans la rue montant au Château de Montpensier on y rencontre encore plusieurs vestiges du XVème et XVlème siècle.
Le portail terminal, côté midi, dit de Notre Dame ou de Donzère, ouvert au fond du ravin, dans le rempart méridional de deux mètres d'épaisseur.
Avec sa tour carrée de huit mètres de hauteur qui la surmonte, cette porte d'entrée, comporte de chaque côté, un bel arceau de cinq mètres de haut.
L'arc intérieur est surmonté d'une niche où trônait, jadis, la statue de la Vierge (statue en bois de un mètre de hauteur) qui se trouve aujourd'hui à l'entrée du cimetière principal qui date de 1640. Au dessus de l'arcade extérieure, se voit encore, mais martelé aussi, l'écusson qui portait sans doute les armes seigneuriales du fondateur de Castrum Novum Montepencerie.
Quel a été le premier seigneur de Montpencier?
En 1199, Messire Guy, seigneur de Châteauneuf, épouse Guillaumette, fille du seigneur de Donzère et prête hommage en 1206, à Bernon, évêque de Viviers.
La seigneurie de Châteauneuf passe ensuite aux adhémar de la Garde, puis de Grignan, et vers la fin du XIIlème siècle, aux évêques de Viviers jusqu'à la révolution; elle fut rattachée au Dauphine (domaine royal) en 1516.
Le village a gardé malgré son adaptation à la vie moderne, l'empreinte de ses temps lointains : rues étroites, calades, andrones, antiques maisons, vieilles ruines.
Son enceinte désuète qui contraste avec le développement des temps modernes connu ces dernières années.